Le projet Dialogue
À l’origine, ce sont trois artistes isolés, accompagnés individuellement par le service Paroles d’aînés, partageant un même désir : exposer à nouveau, montrer leur travail, renouer avec le regard du public.
L’exposition Dialogue est un projet initié par Méli-Mêl’Ages et rejoint par Salto. Cette année 2026, elle a eu pour thème : Le noir et la couleur et s’est concentrée sur une question cruciale : “L’art peut-il être un espace de résilience face au vieillissement ?”
Ainsi, Jacques Ernotte, Monique Halleux, Juliette Kepenne, Christian Kopij et Marc Moiny se sont mis en action avec nous : ils et elles ont partagé leur univers, leur talent et surtout leur sensibilité. Chacun d’eux a permis que ce beau projet voie le jour.
Pour répondre à cette question, Méli-Mêl’Ages et Salto ont posé deux
simples questions aux artistes :
“Qu’est-ce que ça vous apporte de créer ?” et “Qu’est-ce que ça vous fait
d’exposer ?”. Des retours personnels et singuliers ont émergé bien sûr, mais deux réponses ont été systématiques :
– une totale immersion et un sentiment de bien-être
– la satisfaction de participer à un projet
À travers ces témoignages, la réponse à notre question semble évidente : l’art
n’est pas seulement un loisir, c’est un espace de soin et de reconnexion à soi.
Pour Méli-Mêl’Ages et Salto, ce projet confirme que la santé passe aussi par
la créativité, la culture et, de toute évidence, ce qui fait lien avec la société.
La philosophie, mais aussi les neurosciences cognitives mettent de plus en plus en lumière les bénéfices de l’activité créative sur la santé et la santé mentale. C’est par ailleurs ce que le médecin et psychiatre Hubert Wallot partage dans l’article “Beauté, art et hygiène mentale chez les aînés : laisser une trace et vieillir ensemble : l’expérience des pinceaux d’or”.
Dans cet article, l’auteur souligne également qu’en Occident, on stigmatise la vieillesse. Ce type de considération amène certaines personnes âgées à ressentir un sentiment croissant de solitude, voire à perdre en estime de soi, ce qui accentue un mal-être déjà présent. Selon Wallot, l’activité artistique permet de pallier certains de ces effets négatifs.
Les activités artistiques permettent en effet toute une série de bénéfices : retrouver du lien, mais aussi et surtout, du sens.
Selon Wallot, les activités créatives, surtout si elles sont réalisées en groupe, génèrent des effets de rétroaction positifs sur différents aspects du quotidien : diminution des humeurs dépressives, amélioration de la considération par autrui et de l’autoconsidération, accroissement des capacités d’adaptation, réengagement dans des activités physiques douces et enrichissement des interactions avec l’entourage.
Des études comme celles de Cohen ou de Phinney et al. (2007, citées dans Wallot, 2020, pp. 80-82) montrent qu’une activité artistique régulière permet même d’améliorer la santé globale des seniors, réduisant notamment la consommation de médicaments et la fréquence des chutes, et pourrait même retarder certains troubles cognitifs comme la maladie d’Alzheimer. Enfin, elle favorise le maintien d’une participation sociale active.
À travers cette activité, Salto et Méli Mêl’Ages ont tenté à la fois de contribuer à l’amélioration du bien-être des artistes participants et en même temps, de sensibiliser les publics à ce type d’initiative.
Le coeur essentiel de notre message est que l’activité créatrice n’est jamais anodine chez l’individu. Elle revêt des effets particulièrement significatifs pour les personnes âgées. Il convient dès lors de ne pas négliger toute action visant à en permettre l’accès, en particulier pour les personnes en situation de vulnérabilité
Wallot, H. (2020). Beauté, art et hygiène mentale chez les aînés : laisser une trace et vieillir ensemble : l’expérience des pinceaux d’or. Dans C. A. Labrecque (Dir.), La beauté, les arts et le vieillissement (pp. 75-91). Presses de l’Université Laval.