Activité

Parlons de la charge mentale

Atelier dans le cadre de Femmes en Résistances 2026

Dans le cadre de l’événement « Femmes en résistances », organisé au mois de mars dans la commune d’Herstal, le service Salto a proposé une activité pour parler de la charge mentale.

Un atelier pour rendre visible l'invisible

L’animation a invité les participantes (et participants) à rendre visible la prise en charge des tâches quotidiennes pour entretenir le foyer et le bien-être de la famille. Tels des détectives de leur propre quotidien, chacun a été amené à relier les fils de ses expériences, pour transformer le foyer en lieu d’expression et de prise de conscience individuelle et collective. 

La maison, ce n’est pas toujours un lieu de paix ou de repos, surtout pour les femmes. Au contraire, elle est parfois vécue comme un espace de pression perpétuelle.

Ici, chaque pièce exprime un témoignage. Chaque témoignage mérite d’être mis en avant.

La charge mentale
Définition

La charge mentale, c’est le travail invisible de gestion, d’organisation et de planification du quotidien. C’est une notion qui a en premier été identifiée par les femmes, pour parler de la double contrainte qui leur est imposée : la gestion des tâches ménagères et la vie professionnelle.

La charge mentale ne se limite pas aux femmes bien entendu. Elle décrit avant tout une surcharge cognitive imposée à une personne, dans un déséquilibre entre la gestion du quotidien et du travail.

Pour vous, la charge mentale, c'est :

Chaque point clignotant sur la maison représente une des réponses que vous avez données durant notre atelier.

Visualiser la charge mentale dans une maison, ça nous permet de rendre compte des pièces qui sont le plus associées au travail invisible quotidien.

La charge mentale, c’est exactement ça. C’est un surplus de pensées et d’informations sur la gestion de chez soi. Penser aux enfants, au ménage, à ranger, à la vaisselle. C’est se souvenir du dentifrice presque vide, poursuivre son/sa partenaire pour que les chaussettes sales finissent dans le bac à linge.

C’est organiser minutieusement son quotidien, en continu.

La nuit, je pense aux rendez-vous que je dois planifier depuis des mois.

Je dois penser aux repas à faire.

On voit ce qu'il y a à faire, on n'y arrive plus, et pas d'aide... Là, c'est la culpabilité !

Je fais la lessive et je repasse.

S'occuper du chien et le sortir.

L'organisation de la fin de journée (repas, litière, poubelles, lancer une lessive...)

Le rouleau de papier toilette vide... Pas remplacé.

Il n'y a plus de pain, de papier WC ou de produit lessive... Et  que tout le monde l'a vu.... Mais seule moi les remplace.

  • Maman, t'es où ?
  • Papa, elle est où maman ? 
  • Chou ? T'es où ?

Reprendre les enfants à l'école et se prendre au quotidien les "coups de gueule" de la dame de la garderie.

Je dois ranger les chaussettes qui trainent partout...

Si je ne pense pas à acheter du dentifrice, on n'a plus de dentifrice (ou de sel, ou de savon...)

Faire à souper chaque jour.

Faire la vaisselle.

Gérer les besoins des enfants, leurs crises de colère.

Je dois m'occuper de laver le linge de : ma fille, le mien, ma maman, 

Faire les comptes, gérer les factures.

Quand ma fille prépare à manger et laisse tout au sol.

Faire le tri dans l'inutile et l'utile.

L'entretien, les petites réparations.

J'anticipe ma "journée de ménage" en fonction du calendrier de ses activités.

C'est moi qui change tout le temps le papier toilette !

Amener mon fils au foot.

Faire les machines.

Nettoyer la salle de bain.

Conduire les enfants aux activités extra-scolaires.

Gérer les relations familiales, amicales et de voisinage.

Gérer les pannes : évier, travaux, chaudière...

S'occuper des animaux.

La lessive pendant les heures creuses.

S'occuper de l'entretien du jardin.

Élever les enfants.

Faire les courses.

Les choses qui trainent, le désordre.

Tenir la voiture propre, en état de fonctionner.

Faire les lits.

Élever, écouter, protéger, éduquer, déplacer, trouver des activités, mettre en sécurité, soigner, être là, les mettre au lit, veiller à leurs besoins.

C'est moi qui range tout ce qui traîne à la maison.

C'est tout le temps moi qui doit penser au repas du soir, sinon c'est fait en dernière minute, et très tard.

La contraception, c'est moi qui y pense. C'est moi qui l'achète, qui la met, qui me souviens de la changer... Pour deux.

Charge mentale et santé mentale

Quels sont les liens ?

La charge mentale c’est un travail qui impose des contraintes à une personne, et qui lui demande de mobiliser des compétences cognitives : gestion, prévision, organisation, coordination, mémorisation, réponse aux imprévus… 
C’est aussi la maitrise mentale des agendas de chacun, de la localité des membres du foyer et ainsi la gestion de la mobilité physique et temporelle.

La charge mentale, c’est violent, parce que ça suppose que la personne qui la subit est disponible pour ça. Une personne, au sein d’un foyer, est déléguée à sa gestion quotidienne, malgré elle. Malheureusement cette personne, c’est souvent la femme.

Quelques chiffres...

  • 81% des femmes belges effectuent des tâches domestiques quotidiennes.
  • 33% des hommes belges effectuent des tâches domestiques quotidiennes.
  • 24% des jeunes mamans décident de diminuer leurs heures de travail, contre 6% des jeunes papas.
  • Chez les parents qui travaillent, 61% des femmes trouvent qu’il est difficile de concilier travail à temps plein et parentalité, contre 37% des hommes.

Ces chiffres ne prennent pas en compte le travail des proches-aidants, des familles monoparentales, 

La charge mentale émotionnelle

Encore une fois souvent attachées aux femmes, par ce qui est imaginé de leur nature empathique et attentionnée, la charge mentale vient attachée à une gestion émotionnelle du foyer. 

Il y a plusieurs formes de tâches émotionnelles domestiques, qui lorsqu’elles ne sont pas équitablement partagées représentent encore un poids : les petites attentions, le soutien dans la résolution de problèmes, la gestion de la contraception, la gestion des conflits…

Et toutes ces tâches sont attendues de la personne, même lorsqu’elle est malade, fatiguée, qu’elle a un coup de mou ou qu’elle a prévu une sortie.

Des effets sur la santé mentale

L’inégalité de partage des tâches quotidiennes peut avoir des conséquences directes sur la santé et la santé mentale. La charge mentale peut ainsi causer un sentiment de pression ou de tension. Ce stress chronique se mesure directement à travers des taux de cortisol élevés. Elle peut également causer de l’anxiété, de la détresse, de la dépression, un épuisement émotionnel et professionnel, des migraines récurrentes, des problèmes musculosquelettiques, des maux de dos ou encore des troubles du sommeil.

Portée par la femme, la charge mentale représente également une nouvelle couche des inégalités sociales, pouvant avoir un effet négatif sur la représentation de soi et le moral.

Que faire pour alléger le travail ?

La charge mentale n’est pas une fatalité. Comment pouvons-nous trouver un équilibre dans les tâches, afin de se soutenir mutuellement ? 

Merci à toutes les personnes qui ont participé à l’organisation de cette belle matinée.
Nos partenaires : Solidarité Marexhe, l’AIGS, le centre culturel d’Hestal.
Tou(te)s les participant(e)s, qui ont contribué aux riches échanges avec l’équipe.